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Jeûne, prie, aime : Journal de bord d'une jeûneuse - Partie 2/2

Suite et fin de mon expérience de jeûne d'une durée d'une semaine.


Moi, en pleine forme, mon 3e jour de reprise
Moi, en pleine forme, mon 3e jour de reprise


Jour 5 


Je sens que je suis du bon côté de l’expérience, je vois la lumière au bout du tunnel. Même si je le vis bien ce jeûne, je ne peux m’empêcher de compter les jours, de fantasmer ma reprise alimentaire, de penser aux lupins, et de faire ma liste de courses. 


Je me lève difficilement, après une nuit agitée, faite de rêves complètement absurdes. 

Je me traine au yoga, ce matin c’est une séance de 2h. 

Sandrine nous invite à ouvrir notre chakra du coeur, Anahata chakra, je suis touchée par la pratique, je me sens en communion avec le groupe, avec l'énergie universelle d'amour, avec plus grand que moi. 

La sublime visualisation de la fleur de lotus verte qui s’ouvre dans mon coeur, m’emporte. 


Le pouvoir du mouvement est grand, j’ai retrouvé de l’énergie. Je suis au taquet.

Je dis aux naturopathes à la bobologie que je me sens ballonnée, c’est surtout pour me faire chouchoutée, je l’avoue. 

La naturopathe Evelyne me masse le ventre au basilic, me conseille une tisane spécifique et me donne de l’homeopathie. 

J’aime cette considération pour mes petits inconforts. Ça arrive rarement dans la vie finalement. 


On part marcher au soleil, autour d’un joli lac, il fait très froid, mais le soleil est un réconfort et un soutien. Je discute, je rencontre, je m’évade dans les récits des uns et des autres. 


Après midi : sauna, sieste, lecture, une discipline de velours, facile à tenir. 

Je suis ralentie au maximum, je l’accepte, mes mouvements sont lents, je suis un petit koala, tranquille. 


Soirée à propos de la reprise alimentaire, étape la plus importante du jeûne, si l’on veut préserver les effets bénéfiques. 

J’ai faim, on a vu des belles photos dans le powerpoint. 

En fait non je n’ai pas faim, c’est ça qui est fou quand  on arrête de manger plusieurs jours. On ne ressent plus la sensation de faim dés le 1er, ou 2e jour de jeûne. Ce n’est que dans ma tête, mais j’ai hâte tout de même. 


Partager un repas avec mon amoureux, un café avec les copines, un gâteau avec ma maman, c’est ça le sel de la vie.  

C’est de l’amour pur que de manger avec plaisir, avec des gens avec qui l’on se sent bien. 

Je l’oublie. J’aime me le rappeler, et me promet d’avoir de la gratitude pour la richesse de ces moments quand je rentrerai. 



Je vous partage ma liste de course spéciale reprise : 


Kéfir de brebis

Poudre de Caroube 

Lupins 

Tofu lactofermenté

Bananes et kiwis

Avocats 

Légumes de saison : fenouil, courgette, radis, céleri branche

Graines de chia 

Pruneaux et figues séchées

Graines de tournesol et de courge

Tartare d’algues 

Purée d’amandes 

Gomasio 

Tamari 

Légumes lactofermentés 

Graines à faire germer 

Lait de chanvre  



Jour 6


Aujourd’hui je suis une fusée ! Chaque matin c’est la loterie, on ne sait pas sur quel état on va tomber. Ce matin là c'est jackpot !

Harmonie générale : je suis en pleine forme, je suis de bonne humeur, j’ai le smile, je prends plaisir à discuter avec mes copines de jeûne (alors que je suis à jeûn, et qu’il est 7h30 du mat), je me régale au cours de yoga. La grâce est là. 


Nous partons en ballade après nos 2h de yoga. Programme de rêve, il fait beau. 

Dans la foret, je commence à discuter par hasard avec Alexia, nous n’avions pas encore intéragi ensemble depuis le début. 

Je l’ai entendu mentionné la Mongolie, je la prends à partie sur ce sujet, ça m’attire. Elle me révèle son histoire extraordinaire, sa rencontre il y a 10 ans avec les chamans mongols, son initiation, ses voyages dans les steppes à cheval chaque année auprès d’eux. 

Toutes mes cellules palpitent, je veux la rejoindre pour son prochain voyage, c’est exactement l’opportunité que j’attendais pour avoir la chance d’aller galoper dans ces paysages qui me fascinent. 

Magie des rencontres. Gratitude envers la vie qui m’envoie les bonnes personnes au bon moment. 


Je ne pense même plus à manger. J’ai quand même en tête constamment que la reprise c’est demain. 

Dans le salon ensoleillé, on s’échange des titres de bouquins de recettes avec les copines naturo : Deliciously Ella, Obsessions végétales, Sain, Simple et bon, Plenty, Jérusalem, la guinguette d’angèle

C’est connu , on ne parle jamais autant de bouffe qu’en jeûne. 


Rien de tel qu’une bonne détox, pour repartir sur des bonnes bases et se remotiver à sortir de nos habitudes pour cuisiner d’une nouvelle manière, de nouvelles saveurs, pour s’amuser derrière les fourneaux, ou plutôt derrière le vitaliseur de Marion (mentionné au moins 186 fois durant le séjour). Ce « couscoussier » cuit-vapeur magique, meilleur ami des naturopathes. 


Le soir conférence sur le thème du changement d’un comportement. 

Très intéressant. Il s’agit de l’implication de nos croyances dans nos habitudes quotidiennes. Il serait quasi impossible de changer une habitude par la seule force de la volonté, nous devons d’abord identifier à quelle émotion elle se rattache, qui elle même se rattache à une conviction profonde, souvent inconsciente. 

Il existe un chemin pour remonter le fil. 

Pour installer un nouveau comportement, nous avons besoin de clarifier notre objectif, de comprendre pourquoi, d’appréhender les obstacles que l’on rencontrera, d’anticiper les solutions, de poser les délais et les actions précises à mettre en place. 

Il ne suffit pas de dire « demain j’arrête le café », dommage. Mais passionnant. 



Jour 7 


Aujourd’hui c’est jour de fête ! Jour de la reprise alimentaire, tant attendu. 

Ce matin, j’ai une pêche d’enfer. Je dévale les escaliers pour descendre boire mon jus tonique. Cours de yoga plein d’amour et de hugs. 


Puis on file visiter une ferme de Spiruline. On goute quelques brindilles, c’est divin. 

Je suis une fan de Spiruline, bombe micronutritionnelle, superaliment exceptionnel, j’ai hâte d’en réintégrer dans mes assiettes. 

Elle booste le système immunitaire, l’énergie, la détox. Elle est très riche en fer, en B12, en antioxydants, elle combat le cholestérol et le stress oxydatif. 

Tout ça dans une cuillère à café de petites brindilles vertes délicieuses. J’adore les mettre sur mes granolas, salades, yaourts. 



Puis, au retour de notre excursion, excitation générale: on nous sert deux pruneaux trempés dans de l’eau, avec des graines de lin. Kiff intersidéral ! 

Quel bonheur de manger, mastiquer, goûter. Quel plaisir la bouffe quand même. 


Quel plaisir de se reconnecter à la valeur d’un aliment, à sa teneur en nutriments bienfaiteurs pour nous, mais aussi à tout le chemin qui l’a mené jusqu’à ma bouche. Du paysan qui a planté sa graine, au soleil qui l’a fait grandir, à l’épicier qui a joué l’intermédiaire. 



Le soir c’est le graal, on mange une vraie assiette, avec des crudités : chou-fleur en taboulé, betterave émincée, radis à croquer, avocat crémeux, graines germées parsemées, graines de courge torréfiées. 

Un peu de cuit aussi : un peu de carottes bouillies et la patate, qui fera l’unanimité de la tablée, et à qui l’on découvre une subtilité de saveurs étonnantes. Le tout arrosé d’un mince filet d’huile d’olive. 

Le moment est quasi sacré, on prend le temps de mastiquer, religieusement. 


L’assiette contient 150 gr de nourriture. C’est fou mais je suis complètement rassasiée, comme mes collègues. 

L’estomac s’est bien rétracté, je n’ai plus les mêmes capacités digestives que la veille du jeûne. Je vais devoir reprendre tout doucement, là est le challenge. 


Je me sens pleine de gratitude (et de nourriture). Je suis heureuse et soulagée d’avoir traversé l’expérience jusqu’ici sans difficulté, avec du plaisir, de la lenteur, de la camaraderie. 

Je me méfie maintenant des jours à venir, je sais que ce sont les plus délicats pour moi en général. 

J’appréhende que mon transit ne se relance pas assez vite, de me jeter sur la nourriture, de craquer sur des aliments interdits, etc. 

Le jeu c’est de reprendre dans le sens inverse de la descente alimentaire. Cette phase est la plus difficile de tout le processus de jeûne. Le risque est de trop manger, ou de manger des choses inadaptées, il est important de respecter scrupuleusement les consignes. Il est possible de gâcher tous les bénéfices du jeûne avec une mauvaise reprise. 


Je m’endors repue et impatiente de repartir dans la vraie vie. 



Jour 8 


Je me lève tôt naturellement, avec une énergie débordante. J’ai rdv dans 1h pour le petit déjeuner. 

J’ai hâte, puisque notre naturopathe nous a annoncé son idéale composition : graines de chia et banane écrasée, mélangées avec de la caroube et du lait de riz. 

Je le déguste, j’essaie de mastiquer les graines qui glissent et essaient de se dérober, je fais durer le plaisir. 


Aussitôt le jeûne terminé, je sens que l’énergie est revenue, je me sens aventurière, excitée, émue. C’est le moment de quitter le stage, et mes acolytes jeûneuses, ainsi que nos accompagnantes qui ont été si douces et généreuses avec nous. 

Je quitte le nid, cocon de bien-être, bulle de réconfort, hors du monde.  

Avec un petit doggy bag, rempli de crudités, pour mon voyage en train. 


Avant d’aller à la gare, avec mon amie Julie, et Mylène, rencontre lumineuse de ce séjour, nous filons à la biocoop, qui pour nous représente un vrai temple du plaisir à ce moment là. Nous fantasmons sur les dattes, les crackers, les pains, le houmous, auquel nous n’avons pas encore droit. 

Je trouve mon bonheur, je prends des myrtilles, des compotes pomme-pruneau (toi-même tu sais), des noix de cajou, du tartare d’algues, des graines germées, des carottes râpées. 

Et dans le train, notre pique-nique à des airs de festin, avec Julie, on se régale, on pousse des gémissements de plaisir, que l’on essaie de réprimer avant que ça ne devienne trop gênant. 



Je me sens prête à réintégrer mon quotidien, avec l’intention claire de continuer à me faire du bien, de me connecter à mon plaisir, d’écouter mon corps du mieux possible. 


Et aussi de ramener de la conscience, encore et toujours. Dans ce que je mange oui, mais aussi et surtout dans mon environnement, dans la beauté qui m’entoure, dans la richesse de mes relations, dans mon rapport à la Nature, dans le respect des rythmes. 

Tout un programme, toujours passionnant. 

Fini de grignoter nonchalamment en faisant autre chose, sans aucune attention à ce que ja mange, de manière compulsive et automatique. 




Pour conclure, bien que le processus soit loin d’être terminé, je peux déjà dire que le jeûne m’a apporté un retour à ce qui m’ait essentiel. En me délivrant du rythme des repas, des courses à faire, de la liste à noter, du temps de cerveau à penser « qu’est ce que je vais manger ce soir? Demain? Au gouter? », j’ai pu faire de la place. 

De la place pour revenir à ce qui compte vraiment pour moi, loin de tous les stimulis extérieurs d’un monde agité.

J’ai pris du recul, et j’ai laissé venir l’élan nouveau. Lao Tseu disait « Faire le vide pour faire le plein ».





 
 
 

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